mercredi 13 avril 2011

2 jours dans le Kakadu


Le Kakadu national park est l'un des plus célèbres parcs d'Australie. Pour nous y rendre, nous sommes passés par l'intermédiaire d'une agence qui organise des tours. En fait, Darwin est une ville très touristique, notamment grâce à ses parcs nationaux. Dans la rue où nous sommes (une des artères principales de la ville), sur 3 bâtiments, il y a: un hostel, une agence de voyage, un restaurant.
Nous avons choisis l'agence Kakadu Dream, sur recommandation d'une connaissance qui y est allé l'an dernier.

Nous avions rendez-vous lundi matin à 7h, devant les bureaux de Kakadu Dream. Donc en face de notre hostel (ouf!). Là nous avons embarqué à 9 dans un gros 4x4 avec le snorkel sur le côté (en fait ici la majorité des voitures sont des 4x4 avec snorkel), et derrière, une vielle remorque toute rouillée. Le 4x4 est en fait une sorte de pick-up dont l'arrière (couvert) est équipé de 2 banquettes (dans la longueur). Nous avons retrouvé une française (prof de judo), un allemand, une finlandaise (à défaut de trouver des finlandais en Australie, elle était contente de me voir pour partager un peu la nostalgie de son pays), 2 japonais, et une néerlandaise. Le tout avec, bien sûr, notre guide, un australien pur souche nommé Barney.

Nous avons pas mal roulé (les distances sont toujours longues enAustralie), nous avons traversé une zone complètement innondée de l'autoroute (20cm sur plusieurs centaines de mètres) et nous sommes allés faire un tour en bâteau sur la rivière jaune.
Avant toute chose, on nous a présenté un serpent, je crois que c'est un python mais honte sur moi, j'ai oublié son nom. Il tue par étranglement, mais n'est pas dangereux à cause de son poison. Nous avons pu le porter autour de nous à tour de rôle, c'était sympa. Il est très frais, mais pas très lourd car il s'entortille autour de notre corps en répartissant bien son poids.

Mais ici, la spécialité locale, ce sont les crocodiles. Il y a beaucoup de crocodiles d'eau salée (et d'eau douce aussi mais ils ne sont pas très dangereux). Les crocos d'eau salée sont très grands (4-5m), très agressifs, très dangereux et violent (ils attaquent tout, voir ils s'entretuent). Ils attaquent notamment des oiseaux en sautant hors de l'eau. C'est en jouant sur ce principe que le bâteau nous a emmené voir les crocodiles. En agitant un morceau de viande au bout d'une canne à pêche, on attire les crocodiles, et ils sautent pour l'attraper. Ca nous a permis de voir de près ces animaux énormes, et ça attire également des oiseaux de proie, qui venaient voler en rase motte pour attraper les restes.
Il faut être très prudents avec les crocodiles, car avec les innondations (la saison des pluie dure de novembre à mai et entraîne beaucoup d'innondations partout, chaque année), ils arrivent à aller partout. Il ne faut donc pas s'approcher de l'eau, quand elle est au bord de la route, ou d'un parking. A priori il n'y a qu'un ou deux morts par an, mais beaucoup se font quand même avoir, à l'image de 4 touristes allemands. Ces derniers avaient loué un 4x4 mais sont restés coincés sur une route innondée. Ils ont du grimper sur le toit de leur voiture pour échapper au crocodiles qui leur tournaient autour, en attendant les secours.


Suite à notre tour en bâteau, nous avons aperçu un goanna, un grand varan typique de l'Australie, qu'on voyait notamment dans Bernard et Bianca! Il n'était pas très timide et vous pourrez le voir en photo sur Picasa. Le guide était super content car ils sont devenus rares. Un crapeau (cane toad) a été introduit il y a longtemps pour protéger les cannes à sucre d'un insecte parasite. Le crapeau n'a jamais réussi sa mission, mais il a proliféré. Il est mortel quand on le mange, et tous les animaux (crocodiles, oiseaux, goannas) qui le mangent, meurent. Ce qui met en danger ces espèces...

Tout au long de la route nous avons vu des wallabies des rochers, sortes de petits kangourous à la queue rayée.

Nous nous sommes ensuite arrêtés pour le lunch, chacun mettait la main à la patte que ce soit pour la cuisine ou la vaisselle. Puis nous avons repris la route pour enfin atteindre le parc.

La plupart des routes sont innondées et innaccessibles, notre choix d'itinéraire était donc restreint (habituellement ces tours se font plutôt sur 3 jours, le parc ayant une superficie équivalente à la moitié de la Suisse). Nous sommes allés à Nourlangie, un escarpement rocheux célèbres pour les peintures aborigènes. Les parcs australiens sont très organisés. Il y a des points 'info' partout, c'est super balisé, et les chemins sont même parfois pavés!! Nous avons vu en passant, une énorme araignée, et une femelle kangourou (pleine). Tout au long du chemin, Barney nous montre les plantes et nous explique leur utilité pour le peuple aborigène, il nous montre ce qui se mange, ce qui ne se mange pas. Par exemple, des fourmis vertes qui sont un excellent remède pour la grippe. Il nous ferra d'ailleur goûter les fameuses fourmis (juste toucher l'arrière de la fourmis (la partie verte) avec le boût de la langue). Elles sont hyper acides, ça brûle presque la langue. Ensuite, le guide nous a emmené un peu plus loin, disons, hors des sentiers "battus" (et balisés, tracés, pavés). On a carrément escaladé l'un des énormes rochers, pour avoir un point de vue à couper le souffle sur toute cette partie du parc. Le bush à perte de vue, jusqu'à l'horizon.





Il faisait 33 degrés, et l'humidité approchait les 85%. C'est donc trempés que nous sommes arrivés au camping. Qui oh, surprise, avait une piscine! C'était génial de plonger dans l'eau fraîche après cette journée sous la chaleur écrasante. Nous avons monté les tentes sur un sol en béton, car l'herbe du camping est trop imbibée d'eau. Ce sont des tentes en moustiquaire en fait. Nous avons alors cuisiné du kangourou, des saucisses de buffles sauvages, et des légumes. C'était un chouette dîner. Après nous nous sommes exercés au didgeridoo (grâce à Benoît, qui nous a fait essayer son didgeridoo en Belgique, j'y arrivais mieux que les autres hihi). C'était drôle de voir un camping avec piscine et bar, et autant de vie sauvage à l'intérieur. Dans les toilettes, il y avait des lézards, des grenouilles, des crapeaux, des libellules, des araignées ...
Il fallait éviter les lézards en allant de la table à la cuisinière, et les chauves souris chassaient activement au-dessus de nos tête, il y avait une colonie de fourmis qui se promenait sur les fils à linge où séchaient nos maillots de bain. Une fois la nuit tombée, il y avait des milliers d'insectes. Nous entendions les dingos hurler (chiens sauvages) et nous en avons vu un traverser le camping. La nuit était bruyante, entre les criquets, les crapeaux, les dingos... puis un oiseau noctune (sorte de mini émeu) qui venait se promener en hurlant. Le matin, d'autres oiseaux ont pris le relais (notemment les cacatoes, toujour aussi beau mais dont le cri est vraiment abominable). Enfin, Barney nous a reveillé à 6h45 à coup de didgeridoo.

Nous sommes alors repartis dans le 4x4. Objectif du jour: aller jusqu'à une piscine naturelle dans la forêt tropicale. Au bout de 45 minutes de marche (d'abord dans le bush, puis le paysage se transforme peu à peu en savane pour devenir une forêt dense), on arrive devant le panneau "piscine 250m à gauche" (toujours bien organisés ces parcs). Mais Barney avait une autre idée en tête. Là où nous voyons des rochers et des arbres, il voit un chemin. Et nous voilà parti pour une heure d'escalade. Nous voyons en passant des peintures très anciennes. Au bout d'un moment, l'ascension se corse et nous devons déposer les sacs. Là c'est de l'escalade au sens propre du terme. On utilise les mains et les pieds pour se hisser de rochers en rochers, pour finalement atteindre le sommet, et une nouvelle vue à couper le souffle! Vous verrez des photos du groupe prises de loin, où nous sommes en haut du rocher. Pour la deuxième, nous sommes arrivés par la gauche, donc nous avons du passer au-dessus d'un trou de plusieurs mètres. Et Barney prenait tous les appareils photos avec lui (même le mien, qui a survécu jusque là avec le gros 18-200 comme objectif lol), il descendait comme un chamois, remontait plus loin, et nous prenait tous en photo!




La descente était aussi périlleuse que la montée mais nous avons survécu jusqu'à la piscine. Un autre groupe était là, nous sommes allés dans l'eau. 5 minutes après, Barney vient nous voir et nous dit de le suivre. Et nous revoilà à crapahuter dans la forêt, pieds-nus cette fois, et en maillot de bain, à passer sous les toiles d'araignées, pour finalement arriver... au nirvana. Au coeur de la forêt, sans chemin d'accès, une piscine, une vraie piscine, circulaire, les racines des arbres formant un mur qui retient l'eau qui ne s'échappe que par un petit ruisseau, vers la forêt. Une cascade alimente la piscine, l'eau est transparente, parfaitement propre, il n'y a pas de crocodiles, et nous sommes seuls. Les arbres tropicaux protègent l'eau des rayons violents du soleil. La cascade masse le dos. Il y a même des rochers où on peut s'asseoir. Un rêve. Et là évidemment, il n'y aura pas de photos puisqu'il faut traverser la première piscine à la nage pour y arriver.

Nous avons bien profité du moment, sur picasa vous verrez les photos de la première piscine. Et nous avons ensuite regagné le 4x4, fait une autre pause pour le lunch et nous sommes rentrés, très fatigués mais nous avons passé un excellent moment, les autres voyageurs étaient sympas, le guide était super, nous avons beaucoup appris. Que ce soit sur la faune ou la flore ou sur l'art et la manière d'escalader des rochers.

Demain nous repartons pour un tour d'une journée dans un autre parc, ce ne sera pas le même guide mais plusieurs personnes du groupe viennent avec nous.

3 commentaires:

  1. Coucou Céline,

    Trop cool ton récit de voygage, captivé au point de lire tout d'une traite.

    Gérard

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  2. Kangaroo meat, buffalo stake, swimming pool in the middle of jungle, nothing is missing!

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  3. Argh, c'est que du rêve votre périple :'(
    Trop triste d'avoir loupé ça :(

    Et j'imagine que tous ces insectes grouillants n'ont pas laissé Nath de marbre !

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